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Pour un shoesing minimaliste de printemps

Les trois paires de chaussures 100% Made in France à porter au printemps.


A l’heure où la fast fashion ne fait pas que des émules, nombreuses sont les consommatrices qui, se sentant de de plus en plus concernées par les enjeux environnementaux et sociaux des vêtements qu’elles portent, se tournent vers un mode de consommation raisonné, plus responsable, plus éthique. C’est l’émergence du mouvement slow fashion (ou slow wear) pour lequel l’adage « consommer moins, mais mieux » prend tout son sens.


Sous l’impulsion de personnalités, comme l’essayiste japonaise Marie Kondô (auteure du livre La Magie du rangement) les dressings rétrécissent pour se focaliser sur l’essentiel ; certaines font de la recherche de la garde-robe minimaliste (capsule wardrobe) où chaque pièce est pensée en cohérence avec les autres, un mode de vie : « la qualité et non la quantité ». Or, lorsqu'on opte pour un dressing qui va à l'essentiel, à la difficulté de sélectionner les vêtements qui constitueront dorénavant notre "uniforme" au fil des saisons, s'ajoute le choix du nombre de chaussures qui les accompagneront. Dress in Paris vous aide aujourd'hui à constituer votre shoesing idéal.


"C'est cette manière d'épauler, de viser, de tirer vite et juste que je nomme le style." Jean Cocteau

Commençons tout de suite, sans transition, par la première paire de notre sélection : les mocassins 180 en bordeaux toucan par J.M Weston, la plus française des maisons de souliers de luxe.


Lancé après-guerre en 1946, le 180 est rapidement devenu le modèle emblématique de la maison Weston. Encore aujourd’hui entièrement fabriqués à Limoges, ces mocassins unisexes nécessitent près de 150 opérations de prises en main, de la découpe du cuir jusqu’au montage, pour près de 2 mois de façonnage. Au sein des ateliers de la maison, tout est encore fait à la main par des artisans au savoir-faire ancestral. Seule la découpe du cuir est automatisée, ce qui ne change rien au rendu final. Une fois monté, il est en effet impossible de dire si un cuir a été découpé à la main ou au laser. On obtient ainsi des mocassins dont la forme n’a pas bougé d’un iota depuis leur création.


Comment les porter ?


Très simplement, les 180 vont avec tout ! Et non, ils ne sont pas réservés au dressing des BCBG. Nous les avons choisis en bordeaux, couleur printanière qui leur sied bien et qui les modernise.


Nous les portons avec :

- Un pull à manches courtes vintage

- Un gilet Mononi

- Une veste vintage

- Un jean Diesel.


Combien coûtent de telles merveilles ?


580 € pour ce modèle neuf, mais le modèle existant depuis des décennies, on en trouve facilement d’occasion sur internet.

Oui, c’est une sacrée somme, surtout si vous y ajoutez des embauchoirs, outils indispensables pour préserver vos plus belles chaussures.

Pour ce prix vous obtenez un modèle intemporel, réputé indestructible, qui vous accompagnera pour des décennies, que votre cordonnier sera ravi de bichonner et dont il sera difficile de se lasser.


Afin de préserver la semelle des miens le plus longtemps possible, j’ai fait poser dès leur achat des patins. Certains crierons au sacrilège, mais je ne suis pas fan de la marche sur cuir lisse que je trouve rapidement extrêmement dangereuse (ça glisse ! ^^). Je préfère abimer des patins et les changer lorsqu’ils ont atteint leurs limites et ainsi repousser un éventuel ressemelage.


Un conseil pour la pointure ?


S’il y a bien une chose qui devient compliqué lorsqu’on commence à s’intéresser à la chaussure haut-de-gamme, c’est de connaître sa pointure.


Le bon vieux « je fais un 36,5 », fait place à « je fais un 2D de chez Weston, ce qui correspond à un 35 français largeur moyenne ».


Nous vous conseillons de vous rendre chez Weston au moins une fois dans votre vie pour connaître votre taille. L’expérience vaut vraiment le détour. On y mesurera votre pied et on vous indiquera votre pointure exacte en longueur, mais également en largeur. Après il ne vous restera plus qu’à scruter internet si vous souhaitez vous offrir une de ces paires d’occasion.


Une petite anecdote ?


Ce modèle est surnommé à Paris le "Janson", en référence au lycée Janson de Sailly situé dans le très sélect XVIème arrondissement de Paris.


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Continuons avec notre deuxième paire : les Michaël blancs de Paraboot. Et oui, encore une maison française dont le nom sonne anglo-saxon.


Lancés en 1945 (comme quoi on ne vous ment pas lorsqu'on vous parle de chaussures intemporelles), les Michaël sont aujourd’hui un des modèles mythiques de la maison Paraboot et sont aussi bien portés par les filles que par les garçons. Ce modèle extrêmement robuste, possède une semelle en gomme caoutchouc (rien à voir avec le plastique ; ça ne s’use pas de la même manière) et résiste parfaitement à l’eau.

Toujours fabriqués artisanalement à la main dans les ateliers Paraboot d’Iseaux, ou de Tullins-Fures, en Isère au pied des Alpes (on vous fait faire le tour de France), les Michaël sont réédités tous les ans avec des coloris qui varient selon les saisons.


Comment les porter ?




Nous pouvons remercier Sophie Fontanel pour cette édition blanche.

Nous les portons avec :

- Une jupe longue en daim vintage

- Un t-shirt en coton Le Mont Saint Michel

- Un perfecto en cuir noir Agnès B.





Combien coûtent de telles merveilles ?


345 € pour ce modèle neuf, mais de nombreux modèles d’occasion se revendent régulièrement sur internet.


J’interrogeais il y a quelques jours une apprentie des Compagnons du devoir qui me disait justement que niveau rapport qualité-prix, les Michaël sont imbattables. Il suffit de voir les nombreux modèles qui se vendent d’occasion dans des états proches du neuf, alors que certains coloris datent de plus de 10 ans, pour se rendre compte qu’investir dans des Michaël de Paraboot c’est choisir des chaussures qui nous accompagneront longtemps, très longtemps…


La couleur de ce modèle (« le blanc c’est salissant ») laissait craindre une usure plus rapide, mais il n’en est rien. La semelle en gomme se nettoie facilement avec du savon de Marseille et les Michaël sont imperméables. Un nettoyage et un cirage de temps en temps et roulez jeunesse !


Un conseil pour la pointure ?


Vous vous rappelez ? Les pointures des chaussures de luxe, un vrai bordel pensum, tout ça tout ça ? Bon et bien Paraboot ne déroge pas à la règle.


Après le 2D de chez Weston, voici le 2,5 de chez Paraboot, une pointure anglaise pour cette maison française avec un nom d’origine américaine…


Blague à part, la plupart des sites qui vendent ce modèle indiquent la pointure en taille française. Inutile donc de vous prendre la tête avec les correspondances. Et si vous décidez de vous rendre chez Paraboot, là-bas aussi on mesurera vos jolis petons.


Une petite anecdote ?


La consonance anglo-saxonne de Paraboot provient de son histoire de naissance : l’assemblage de « Para », un port d’Amazonie, d’où était importé le latex et « boot », la curieuse chaussure en caoutchouc que Rémy-Alexis Richard (le fondateur de la maison) a découvert lors d’un voyage aux Etats-Unis en 1926.

Le modèle Michaël a été baptisé ainsi du nom du petit-fils du fondateur de la marque, né lui aussi en 1945.


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Aller, il est temps de conclure avec l’outsider de la bande : le modèle Petra en cuir vernis par MAURICE manufacture.


Fondé en 1949, l’atelier Maurice fabrique ses souliers en France, dans le Maine-et-Loire, mais ce n’est qu’en 2013 que l’équipe lance sa propre marque avec des modèles féminins empruntées au vestiaire masculin. La semelle crantée, c’est un peu la marque de fabrique de la maison.


Comment les porter ?


Moins classique que les deux présentés précédemment, ce modèle en cuir vernis est frais.


On le porte avec :

- Un t-shirt Laura Laval

- Une veste Roseanna

- Un jean Levi’s






Combien coûtent ces merveilles ?

190€

Alors certes, contrairement aux deux précédents, je ne suis pas sûre qu'il sera possible de ressemeler ce modèle à l’infini. De toute façon le cuir vernis, réputé plus fragile, ne nous permettra certainement pas de garder ses chaussures plusieurs décennies. Il n'empêche que ce modèle robuste a de belles années devant lui.


Un conseil pour la pointure ?


Ces chaussures sont en pointure françaises et taillent normalement.

Mais non ?! Si, si !


Une petite anecdote ?

Le nom de la marque est un hommage au fondateur de l’atelier, Maurice Gramelle.


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De belles chaussures il en existe. De belles chaussures fabriquées en France en revanche, cela devient plus rare. Si d'autres modèles ou marques vous viennent en tête, n'hésitez pas à nous en faire part.


A bientôt !



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DIALOGUE ENTRE MODE ET ARTS